03/03/2012

Il y a 100 ans, le grand hôtel de Saint-Gabriel succombait sous les assauts de la mer

Reproduction d'un article de "La Voix du Nord" du samedi 3 mars 2012 par Alain Ducrocq agrémenté de photos personnelles.


Il y a 100 ans, le grand hôtel de Saint-Gabriel succombait sous les assauts de la mer

 

 La digue de Saint-Gabriel et l'hôtel, bâti en 1898, semblaient capable de résister à toutes les tempêtes.
La digue de Saint-Gabriel et l'hôtel, bâti en 1898, semblaient capable de résister à toutes les tempêtes.

 

|  HISTOIRE |

 

Aujourd'hui, un pèlerinage sur la plage de Saint-Gabriel s'impose. Il y a cent ans exactement, dans la nuit du 3 au 4 mars 2012, la tempête fendait en deux le grand hôtel de la station naissante. Alain Ducrocq, passionné d'histoire locale et excellent connaisseur des lieux, nous en raconte le drame. ...

 

 

 

« C'est le 5 novembre 1873 que le fief du Rohart, comprenant l'entier territoire actuel de Camiers, Sainte-Cécile et Saint-Gabriel passa au comte Armand de Rosamel par son mariage avec Melle Cécile de Rocquigny du Fayel. En 1879, le château de famille de Rohart fut édifié à Camiers sur 20 hectares. Puis, en 1894, un premier lotissement fut vendu à la société Tellier-Frères de Boulogne-sur-Mer, non sans exiger des acheteurs que les plages ainsi créées portent les prénoms de la famille, Gabriel pour la première et Cécile pour la deuxième.

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Dès 1895, des commerces et les premières villas apparaissent à Saint-Gabriel. Le 25 mars 1897, le premier coup de pelle est donné à un somptueux édifice de trois étages aux tons roses et blancs, de cinquante mètres de long, d'après les plans et sous la direction de Paul Ridoux, architecte d'Arras.

 

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Quinze mois plus tard, le 3 juillet 1898, le « Grand hôtel de la plage de Saint-Gabriel » est inauguré ainsi qu'une magnifique digue promenade de 1 700 mètres. L'aménagement est des plus chic : meubles en pitchpin à l'anglaise, terrasse dominant la plage à plus de vingt mètres de haut, véranda gardée du soleil par un vélum de toile bise rayée rouge et peuplée de plantes exotiques énormes. D'autres villas se construisent et même une chapelle. Les affiches ferroviaires vantent la station naissante qui attire une clientèle anglaise et parisienne aisée. Saint-Gabriel était promis à un formidable avenir.

 

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Hélas, dès 1909, à la suite de violentes tempêtes, les flots minèrent la digue et le terrain sur environ quarante mètres de profondeur. L'hôtel, mis en porte-à-faux, dut cesser son exploitation. Trois ans plus tard, une tempête d'équinoxe d'une rare violence le fit s'effondrer en son milieu, comme le relata la Une du journal parisien l'Excelsior dans son édition du 13 mars suivant. Saint-Gabriel ne s'en remit jamais. ».

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