31/03/2016

Saint-Gabriel-plage : retour sur un témoin du passé.

Je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises, Saint-Gabriel a un passé riche.  Difficile à imaginer une station balnéaire quand on admire la plage et son côté sauvage.

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Il y avait, à hauteur de cette étendue sombre sur la plage, une digue, un grand hôtel (30 chambres), des villas, des chalet, une chapelle, une agence immobilière gérant l'ensemble, un café-restaurant "Aux bons Zigs"...

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Nous ne nous lassons jamais d'observer les vestiges de ces constructions, en tentant d'identifier les différents éléments.

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L'erreur, à l'époque, a sans doute été de ne pas avoir prolongé la digue vers l'intérieur pour former une "rotonde".  Lors de grandes marées jumelées a des vents de tempête, les eaux ont contourné la digue, la sapant des deux côtés.  C'est ainsi que dès 1899 (un an après l'inauguration de l'hôtel), la digue est déjà mise à mal pour ne devenir qu'une ruine en 1900.

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L'hôtel est alors voué à disparaître, la Société anonyme du Grand Hôtel de la plage Saint Gabriel est dissoute, ne pouvant faire face aux frais de restauration de la digue.

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Délaissé, l'hôtel sera à moitié détruit en mars 1912, toute la partie face à la mer s'effondrant sous les coups des vagues.

La plage est devenue impraticable en raison des débris enlevés par la mer.  Malgré le danger, plusieurs Camiérois ont pillé les ruines.  Ils seront jugés par le tribunal correctionnel de Montreuil.   Le 5 avril 1912, l'architecte Deloeuvre assure que l'hôtel sera démoli pour les fêtes de Pâques.

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Seul un amas de débris témoigne encore de ce passé.

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La plage reprend peu à peu son aspect sauvage.  Le lieu est prisé des pêcheurs en surf-casting, le récif artificiel créée par le débris sont propices à la pêche des bar, anguille, carrelet, etc...

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Sources :

Une parution de "Mémoire d'Opale" :

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17/03/2016

Le vert de mai sur la plage de Saint Gabriel - Mai 2014

On l'appelle souvent, à tort, écume... le vert de mai est un phénomène annuel touchant particulièrement la Belgique et le Pas-de-Calais.

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Il s'agit en fait d'une algue nanoplanctonique appelée phaeocystis. Elle vit en solitaire et, pour une raison assez complexe, se regroupe en colonie subitement au printemps.

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Il est assez faible en cette journée calme.   Par mer et vent forts, il s'accumule et la couche peut dépasser 2 mètres et être poussée à l'intérieur des terres par la vent.

Ci-dessous, une photo du site http://cfb.unh.edu :

Sa prolifération s'explique notamment par un excès de nutriment provenant du délavage des terres par la fonte des neiges et les pluies de printemps charriés par les nombreux fleuves côtiers.

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Il disparait aussi vite qu'il est apparu, sans doute par la raréfaction des nutriments.

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C'est un spectacle amusant de voir cette mousse se placer sur le sable où il reste une pellicule d'eau.   Lorsque la mousse s'accumule en amas sur la laisse de mer, sa putréfaction peut être nauséabonde ce qui fait penses à certains qu'il s'agit de pollution.

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Les pêcheurs sont habitués à ce phénomène saisonnier plus désagréable que nuisible...  en effet, leurs filet sont relevés gluants pendant cette période.  En france il l'appellent "crasse" ou "gluant" ou "limon".   Les termes anglais sont aussi évocateurs "tobacco juice"  ou de "baccy juice" (jus de tabac) ou de "fisherman's signs" (signes du pêcheur) ou encore de "foul water" (eau usée) ou de "stinking water" (eau puante).

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Même si le phénomène est plus important de nos jours, il y a eu par le passé des "bloom's" importants notamment en 1923 dans l'estuaire de la Tamise.

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13/04/2015

Le Ruisseau du Beau Rocher - Saint Gabriel plage

Ce ruisseau naît et meurt dans la commune de Camiers...   Issus des eaux de ruissellement des reliefs et du marais du Domaine du Rohart, il est canalisé sous les enrochements de protection de la dune.

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Il revient à la lumière du jour à quelques dizaines de mètres du bien connu "Chemin des Bateaux".

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26/11/2014

A la manièrière de Nicolas Hulot - Séquence contemplation - Sainte Cécile plage - novembre 2013

Pas de commentaire de ma part pour cette série de photos prise une même fin d'après-midi de novembre.  Je vous laisse à votre contemplation, imaginez les cris des mouettes et goéland et le murmure de la mer.   Bonne promenade.

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Voilà, vous l'aurez compris, impossible de ranger l'appareil photo ce soir là, lumière trop belle, décors de rêve, calme absolu... le paradis sur... sable.

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03/03/2012

Il y a 100 ans, le grand hôtel de Saint-Gabriel succombait sous les assauts de la mer

Reproduction d'un article de "La Voix du Nord" du samedi 3 mars 2012 par Alain Ducrocq agrémenté de photos personnelles.


Il y a 100 ans, le grand hôtel de Saint-Gabriel succombait sous les assauts de la mer

 

 La digue de Saint-Gabriel et l'hôtel, bâti en 1898, semblaient capable de résister à toutes les tempêtes.
La digue de Saint-Gabriel et l'hôtel, bâti en 1898, semblaient capable de résister à toutes les tempêtes.

 

|  HISTOIRE |

 

Aujourd'hui, un pèlerinage sur la plage de Saint-Gabriel s'impose. Il y a cent ans exactement, dans la nuit du 3 au 4 mars 2012, la tempête fendait en deux le grand hôtel de la station naissante. Alain Ducrocq, passionné d'histoire locale et excellent connaisseur des lieux, nous en raconte le drame. ...

 

 

 

« C'est le 5 novembre 1873 que le fief du Rohart, comprenant l'entier territoire actuel de Camiers, Sainte-Cécile et Saint-Gabriel passa au comte Armand de Rosamel par son mariage avec Melle Cécile de Rocquigny du Fayel. En 1879, le château de famille de Rohart fut édifié à Camiers sur 20 hectares. Puis, en 1894, un premier lotissement fut vendu à la société Tellier-Frères de Boulogne-sur-Mer, non sans exiger des acheteurs que les plages ainsi créées portent les prénoms de la famille, Gabriel pour la première et Cécile pour la deuxième.

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Dès 1895, des commerces et les premières villas apparaissent à Saint-Gabriel. Le 25 mars 1897, le premier coup de pelle est donné à un somptueux édifice de trois étages aux tons roses et blancs, de cinquante mètres de long, d'après les plans et sous la direction de Paul Ridoux, architecte d'Arras.

 

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Quinze mois plus tard, le 3 juillet 1898, le « Grand hôtel de la plage de Saint-Gabriel » est inauguré ainsi qu'une magnifique digue promenade de 1 700 mètres. L'aménagement est des plus chic : meubles en pitchpin à l'anglaise, terrasse dominant la plage à plus de vingt mètres de haut, véranda gardée du soleil par un vélum de toile bise rayée rouge et peuplée de plantes exotiques énormes. D'autres villas se construisent et même une chapelle. Les affiches ferroviaires vantent la station naissante qui attire une clientèle anglaise et parisienne aisée. Saint-Gabriel était promis à un formidable avenir.

 

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Hélas, dès 1909, à la suite de violentes tempêtes, les flots minèrent la digue et le terrain sur environ quarante mètres de profondeur. L'hôtel, mis en porte-à-faux, dut cesser son exploitation. Trois ans plus tard, une tempête d'équinoxe d'une rare violence le fit s'effondrer en son milieu, comme le relata la Une du journal parisien l'Excelsior dans son édition du 13 mars suivant. Saint-Gabriel ne s'en remit jamais. ».