01/07/2017

La chapelle Sainte Godeleine à Wierre-Effroy

Armes de Wierre-Effroy

Les armes de Wierre-Effroy se blasonnent ainsi : d’argent à la bande de sable chargée de six losanges d’or posées à plomb.

Elle est toujours très fréquentée, cette chapelle dédiée à Sainte Godeleine.

L'eau de sa source guérirait les maladies des yeux, de la gorge... Mais certains viennent y prier afin de voir leur couple se reformer.

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Godeleine, Godelina, Godelieve, Godeliève de Gistel, c’est selon, est née vers 1049, ici, à Wierre-Effroy.  Elle est la fille du châtelain de Londefort, dont le manoir  s’élève alors à quelques pas de la source. Sa beauté n’a d’égal que sa foi. Son unique volonté est de se consacrer à Dieu et aux plus démunis.

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Hélas pour elle, en grandissant, sa beauté devient un objet de convoitise et attire nombre de soupirants. L’un d’eux, Bertolf de Gistel, est plus tenace que les autres. Les refus de la jeune femme ne le découragent pas … Bien au contraire. Il fait jouer toutes ses relations, dont le Comte de Boulogne,   suzerain du père de Godeleine. La jeune fille comprend qu’elle doit céder et accepte de l’épouser.

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Mais, dès le mariage, l’attitude de Bertolf change du tout au tout. Froid, lointain, méprisant, il se désintéresse totalement de sa jeune épouse. Il fait accélérer le départ vers son château de Gistel, près d’Ostende, dans les Flandres belges. C’est en quittant le manoir de son père qu’elle plante une quenouille dans le petit bois … Triste présage ou bienheureux miracle … Une source en jaillit. Celle à laquelle nous puisons l’eau aujourd’hui.

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À partir de cet instant, Godeleine va vivre l’enfer. Enfermée, affamée, humiliée, battue, elle est la proie de son ombrageux mari et de sa belle-mère. Une femme qui nourrit une haine féroce pour celle qui, officiellement, lui prend sa place. Godeleine dépérit, elle décide de s’échapper et chercher refuge, chez ses parents, au manoir de Londefort.

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Le scandale éclate et Bertolf de Gistel échappe de peu à l’opprobre général. Il fait amende honorable, se repent, jure à Godeleine, à ses parents et aux autorités ecclésiastiques mécontentes qu’il regrette sincèrement. Il promet désormais d’avoir une conduite irréprochable vis-à-vis de sa jeune épouse. Inquiète mais prête à pardonner, la jeune femme repart à Gistel.

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En réalité, la haine profonde de son mari, alimentée par l’humiliation des réprimandes qu’il a subi, est encore pire. Cette fois, la solution pour se débarrasser de Godeleine va être plus radicale. Il imagine un stratagème : Lui faire croire qu’il a demandé les services d’une "femme qui a le secret de renouer les liens conjugaux rompus, de faire revivre parmi les époux l’amitié la plus vive". Godeleine devra la rencontrer en secret, une nuit où lui, Bertolf, ne doit pas être là. Le 6 juillet 1070 à l’aube, les deux hommes de main chargés de sa surveillance viennent réveiller Godeleine.

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Elle doit se rendre au rendez-vous sans apparat, dans ses vêtements de nuit… Et en toute discrétion. Une fois sortis du château, ils l’emmènent vers un point d’eau, et là, l’étrangle et la noie. Elle n’a que 21 ans. Son corps est ramené en secret jusqu’à sa chambre. Le scénario est simple, tout doit faire penser à une mort subite.

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Bertolf s’est forgé un alibi, il est à Bruges.  L’époux peut donc revenir en veuf éploré et répandre moult sanglots. Il prend soin toutefois de la faire inhumer en hâte, dès le lendemain, dans un caveau de l’église de Gistel.

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Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

La jeune femme s’est débattue et du sang a coulé à l’endroit où elle a été tuée. Dès les premiers instants, on raconte que le sol sous ses pieds se changea en marbre blanc,  attestant ainsi de sa pureté. Car, dans son dégoût immense pour sa jeune femme, Bertolf de Gistel, à aucun moment, ne consomma le mariage.

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Lors des obsèques, un autre miracle se produisit. La renommée de Godeleine, sa gentillesse et sa charité envers les plus pauvres étaient telle, qu’une foule immense se déplaça. Comme à l’accoutumée, on distribua des pains aux plus démunis. Lorsqu’ils commencèrent à manquer, ils se multiplièrent pour permettre à chacun d’en recevoir.  Son tombeau puis l’eau dans laquelle Godeleine fut noyée commencèrent à attirer des infirmes et des malades. Il s’y produisait des miracles disait-on …

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Bertolf de Gistel, le soi-disant-veuf-très-éploré, s’était vite consolé. Aussitôt remarié, il fut rapidement père. Punition divine ou hasard : Sa fille, Édith, vint au monde aveugle. En grandissant, elle apprend qu’à quelques pas du château, coule une eau miraculeuse qui fait bien des prodiges… Elle s’y rend en secret, prend un peu d’eau pour la passer sur ses yeux … Aussitôt la jeune fille recouvre la vue.

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L’histoire ne dit pas ce qu’en pensa son père … Mais l’eau de l’étang de Gistel, ou du puits, selon les récits, devint un lieu de pèlerinage. Par filiation, l’eau de la source, que Sainte Godeleine avait fait jaillir, le jour de son mariage, à Wierre-Effroy, le fut aussi. Dès le XIe siècle, on atteste d’un pèlerinage qui a lieu, le long de la côte, de Gistel au petit village boulonnais. 

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Aujourd’hui encore en Belgique,   une procession se déroule,  le dimanche suivant le 5 juillet,  dans l’église de Gistel qui abrite les reliques de la sainte. À l’endroit où se trouvait le point d’eau ou le puits, on peut visiter aujourd’hui, la pittoresque abbaye de Ten Putte, traduisez « au puits » en flamand, fondée par Edith en remerciement.

Source : http://nord-decouverte.fr/

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Cette plaque explique la construction de la chapelle.   Je vais vous la retranscrire pour la facilité de la lecture :

Cette chapelle a été construite à l'honneur de Sainte Godelaine par Jean-Baptiste Brasdefer Delétang et Marie-Thérèse Longuemaux son épouse le 5/07/1782.  

Reconstruite en 1829 par Mr Jean Louis Marie Longuemaux, époux de Marie Antoinette Lavoine, Officier retraité Capitaine sous l'Empire de Napoléon au 27ème régiment d'infanterie de ligne, ex Capitaine des grenadiers des Gardes Nationnaux actives de la Cohorte de Calais.

 

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De nombreux ex-voto et offrandes recouvrent les murs de la chapelle.

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N'hésitez pas à passer par cet endroit calme et paisible, que vous croyiez ou non aux miracles... cette chapelle mérite le détour. 

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09/02/2017

Beutin - Église Saint Léger

Armes de Beutin

 

Les armes de Beutin blasonnent ainsi : d’argent aux huit merlettes de sable ordonnée en orle.

 

Le chœur de l'église Saint Léger à été bâti au XVème siècle, en craie sur un soubassement en grès et silex.

La nef a elle été ajoutée en 1850.

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Un clocher mur ou campenard surmonte l'arc triomphal séparant la nef du chœur.

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Entourée du cimetière, elle présente un attrait très tranquille.

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11/01/2017

Le manoir d'Isques

Blason de Isques

 

Les armes de la ville se blasonnent ainsi : d’or à la croix ancrée de gueules.

Dans le cadre de la Fête du patrimoine du moulin d'Hesdigneul 2014, Monsieur Parenty, éminent auteur et connaisseur du patrimoine de la région, nous a emmené découvrir le manoir d'Isques.

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C'est actuellement Daniel Maillard qui possède cette demeure.  Patiemment, il la restaure en gardant l'authenticité de l'endroit.

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Si le corps de logis offre un style assez répandu dans le boulonnais, vous allez voir que la suite est plus qu'attrayante.

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Bien entendu, la basse-cour a fait place à la verdure.  On ne s'en plaindra sans doute pas...

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La configuration actuelle du manoir date de 1551 sur des fondations remontant à 5 siècles auparavant.

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L'imposant pigeonnier démontre la puissance des propriétaires de l'époque, la famille d'Isque.

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Un donjon octogonal est incrusté dans une des façades des dépendances.  Il était en cours de rénovation lors de notre visite.

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L'arbre généalogique de la famille d'Isque remonte au XIIIème siècle.  Ils ont fuit la France lors de la révocation de l'Édit de Nantes pour ne pas abjurer leur foi protestante.

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Une partie des descendants vit actuellement aux États-Unis, une autre partie s'était réfugiée en Allemagne.  Ils avaient changé leur nom en Diské pour échapper aux dragonnades des troupe de Louis XIV.

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Nous n'avions accédé qu'au partie en cours de rénovation, le propriétaire désirant préserver logiquement son intimité.

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Cette visite s'est déroulée en juin 2014, il serait instructif de voir l'évolution des travaux à ce jour.

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Cette photo n'est pas réussie, hélas.  Je la publie pour la beauté du travail des compagnons charpentiers.

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10/01/2017

Hesdigneul-lès-Boulogne : Le moulin de Mourlinghem ou moulin Saint Jean.

Blason de Hesdigneul-lès-Boulogne

 

Les armes de la ville se blasonnent ainsi : écartelé d’or et d’argent à la croix de gueules brochant sur l’écartelé.

Source : http://eco.hesdigneul.free.fr/moul.html

Le Moulin d’Hesdigneul sis sur le cours de la Liane, se présente comme un édifice dominant, prestigieux notamment sur le plan d’eau en aval de la rivière.

Son architecture est sobre mais cossue.  Les murs sont en pierres et en briques rouges, l’ensemble se veut fortifié.

Un bon nombre de villages du pays Boulonnais possédaient leur moulin à eau. On peut citer sur la vallée de la Liane : le moulin de Questrecques, le moulin de Condette, le moulin de Pont-de-Briques, le moulin de St Léonard.

La ferme du Mourlinghen sise au hameau du même nom, nommé Moringehem au XIIème siècle était un fief de l’Abbaye de Samer.

 

 

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Le Moulin à eau de Mourlinghem est l’un des plus anciens de la vallée de la Liane, son origine remonte semble t-il au XIVème siècle, suivant un document authentique du XVIIIème siècle stipulant que Robert de Fiennes, connétable de France, seigneur de la châtellenie de Tingry octroie à Jehan d’Hesdigneul seigneur du fief un vieux moulin pour ses bons et loyaux services.

Le premier moulin devait être actionné par une roue en chêne a augets, la roue recevant l’eau, énergie naturelle, permettait a de grosses meules en pierre d’écraser le grain ou les écorces de chênes.

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Le moulin s’est mécanisé du temps de la famille Vandroy, notamment par l’installation vers 1934 d’une machine à moteur 4 temps de 70 chevaux fonctionnant au gasoil. Cette machine est installée dans une pièce entièrement carrelée nommée “salle des machines”. Un mécanicien s’occupait de l’entretien de cette machine quotidiennement.  L’époque est prospère pour le moulin.

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Le moulin d’Hesdigneul était un lieu si agréable que les parties champêtres ne manquaient pas.  Il faisait bon vivre au Moulin St Jean (nom donné en souvenir de Jean Vandroy, mort au champ d’honneur pendant la guerre de 1914-1918).

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11/11/2016

Église Saint-Quentin, monument au morts et mairie de Wirwignes

Blason de Wirwignes

de sable au lion d’argent, armé et lampassé de gueules, à la bordure cousue du même.

La première église date sans doute du 12ème siècle.

Jusqu'en 1876, elle consistait en une "basse église" constituée seulement d'une nef.

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Il est possible que la base du clocher remonte à cette époque.

Entre les 15ème et 16émé siècle, un choeur y fut ajouté et, au 17ème, le clocher est aménagé.

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Après quelque restaurations au 19ème siècle, l'abbé Paul Amédée Lecoutre, de retour d'un voyage en Terre Sainte, en Égypte et en Italie entreprend, en 1867, la décoration intérieure en s'inspirant de ses voyages et fait réaliser des modification architecturales.

Il passa 43 années de sa vie à son oeuvre.  A la manière du Facteur Cheval, il va décorer son église avec du marbre, de la pierre du Boulonnais dans un style oriental.  C'est en achevant de peindre la voûte céleste au plafond qu'il tomba de l'échafaudage et décéda en 1906 à l'âge de 76 ans.

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Derrière l'église, on peut voir un calvaire dédié aux anciens combattants du 1914-1918 et et aux victimes et déportés civils du village de la Seconde Guerre Mondiale.

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Cette superbe représentation d'un poilu blessé est l'oeuvre de Jules Déchin en 1922.

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Une dernière photo pour vous montrer la pimpante mairie du village.

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